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Le site et son histoire

En 1995, la Ville d'Ath a acquis cet hôtel de maître du 18e siècle. D'importants travaux de restauration ont été menés grâce aux crédits européens de l'Objectif 1 et à l'intervention du Commissariat Général au Tourisme de Wallonie.

Le château Cambier : un lieu patrimonial

accueil27Ce lieu chargé d’histoire est une belle réalisation architecturale. A la fin du 18e siècle, Louis-Emmanuel Delwarde, riche orfèvre et marchand de toile, acquiert le terrain pour y construire un hôtel de maître. Louis-Emmanuel est aussi artiste peintre. Il a ainsi doré en « faux or » les figures de Goliath et de sa femme en 1790. Ce notable athois fait construire, vers1780, son hôtel particulier par l’architecte local François-Joseph Bataille. Cette belle demeure entre cour et jardin est accessible par un porche néo-classique intégré à un ensemble d’habitations de même style en façade à la rue de Pintamont. La maison de maître présente l’aspect d’un petit château Louis XV dans la partie avant. La façade arrière, plus sobre, est conforme au style Louis XVI.

Après la mort de Louis-Emmanuel Delwarde (1796), la propriété restera dans la famille jusqu’en 1842. Cette année, plusieurs notables catholiques athois s'associent pour l'acheter et fournir des locaux au Collège de Liessies. L’établissement subsiste jusqu’à la fin de l’année scolaire 1858-59. La propriété passe entre les mains de plusieurs propriétaires.

Au début de l’année 1880, Léon et Henri Cambier achètent le domaine et y installent une usine le long du chemin de ronde au bord de l’ancien fossé des fortifications.

La famille Cambier et l’industrie du bois

UsineCambierEn 1880, les frères Cambier développent l’entreprise fondée par leur père Emmanuel. Le petit atelier d'ébénisterie des débuts va devenir une usine moderne qui occupe 350 ouvriers en 1888 et 532 lors du recensement industriel de 1896. Cette croissance repose sur la fabrication en série des chaises en bois courbé.

Le succès économique et financier des fabricants de meubles et de chaises va amener Léon Cambier à briguer des mandats politiques. Il est député de l’arrondissement d’Ath de 1894 à 1898 et de 1900 à 1904, et tentera de devenir bourgmestre de la cité à plusieurs reprises.

Les deux frères restent associés jusqu’en 1898 lorsqu’ils partagent leurs biens. Léon garde la maison de maître de la rue de Pintamont où il va entamer des travaux importants avant 1909. Il agrandit le bâtiment avec une aile supplémentaire au nord, le long de la ruelle Rigault. Cette villa italienne, avec un décor de faïences en façade, porte également l’empreinte du style 1900 notamment dans la découpe des portes et fenêtres.

accueil29La grande baie de la façade arrière est un bel exemple d’architecture de l’époque. Cette nouvelle construction est surmontée d’une terrasse bordée de balustres. A l’avant, la balustrade est jalonnée d’amours d’inspiration classique. L’arrière est décoré de bustes de personnages de la mythologie grecque. Les balustres, les angelots et les bustes sont moulés dans un ciment qui imite le marbre blanc.

La villa italienne est prolongée par une serre qui correspond bien à la mode de l’époque. Des rochers moulés en béton y constituent le décor agrémenté de pièces d’eau et d’une cascade artificielle. La serre communique avec une orangerie aménagée à la mode 1900 dans l’ancienne chapelle du collège de Liessies. A l’intérieur de la villa italienne, le décor en bois est nettement d’inspiration Renaissance et destiné à servir de faire-valoir pour l’entreprise, comme le salon Louis XV aménagé au sein de la demeure primitive.

A l’arrière, le parc a sans doute été remanié par Léon Cambier à la même époque avec la réalisation d’un grand bassin central et la plantation d’arbres (dont un remarquable hêtre pourpre).